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Facturation électronique obligatoire : qui doit émettre, qui doit recevoir, qui n'est pas concerné

IPar Ilias, éditeur du site · Mis à jour le

En bref

La facturation électronique est obligatoire pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France, quels que soient leur taille, leur statut ou leur régime fiscal. Les micro-entrepreneurs en franchise de TVA sont concernés. Les activités exonérées doivent seulement pouvoir recevoir. Les associations non assujetties et les holdings passives sont hors réforme.

Pour aller plus loin : le guide de la facturation électronique · le calendrier de la facturation électronique

La facture électronique est-elle obligatoire pour toutes les entreprises ?

Oui, pour toutes les entreprises assujetties à la TVA, quels que soient leur taille, leur chiffre d'affaires, leur forme juridique ou leur régime fiscal. Les indépendants et les professions libérales sont compris.

Cette obligation est le cœur de la réforme décrite dans notre guide de la facturation électronique. Selon le ministère de l'Économie, plus de 7 millions d'entreprises sont concernées.

La facture électronique vise les opérations qui réunissent trois conditions :

  1. entre assujettis établis en France ;
  2. dans le champ de la TVA française ;
  3. soumises aux règles de facturation françaises.

Les autres opérations (ventes aux particuliers, clients étrangers) passent par le e-reporting. Le critère est donc l'assujettissement à la TVA, pas le fait de facturer la TVA.

Qui doit émettre et qui doit seulement recevoir ?

Toutes les entreprises assujetties doivent recevoir depuis le 1er septembre 2026. L'émission ne vise que les opérations taxables entre entreprises établies en France. Le tableau résume les cas les plus fréquents.

ProfilRecevoirÉmettreE-reporting
Entreprise assujettie qui vend à des professionnels en FranceOui, depuis le 1er septembre 2026Oui (GE/ETI : 2026 ; PME/micro : au plus tard 2027)Pour ses ventes aux particuliers, à l'étranger et certains paiements
Micro-entrepreneur en franchise en base de TVAOui, depuis le 1er septembre 2026Oui, au plus tard le 1er septembre 2027Oui, tous les 2 mois
Activité exonérée de TVA (soins, enseignement…)Oui, depuis le 1er septembre 2026Non pour les opérations exonéréesNon pour ces opérations
Activité mixte (exonérée et taxable)OuiOui pour la partie taxableSelon les clients de la partie taxable
Association non assujettie à la TVANonNonNon
Association assujettie à la TVAOuiOui, comme une entrepriseOui, selon les clients
Holding passive (non assujettie)NonNonNon
Holding animatrice (assujettie)OuiOuiSelon les opérations

Les dates exactes par taille d'entreprise sont dans le calendrier de la facturation électronique.

Auto-entrepreneur : la facture électronique est-elle obligatoire ?

Oui. Un micro-entrepreneur en franchise en base de TVA (article 293 B du CGI) reste assujetti à la TVA, même s'il n'en est pas redevable. Il est donc concerné.

  • Réception : obligatoire depuis le 1er septembre 2026, pour les factures de ses fournisseurs (énergie, téléphone, internet…).
  • Émission : obligatoire au plus tard le 1er septembre 2027 pour ses clients professionnels en France.
  • E-reporting : pour ses ventes aux particuliers et à l'étranger, tous les 2 mois en franchise en base.

Ses factures électroniques gardent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Deux exemples donnés par la DGFiP : un consultant auto-entrepreneur qui facture des professionnels en France émettra en électronique au plus tard en 2027 ; un artisan plombier en franchise (chiffre d'affaires inférieur à 37 500 €) aussi, pour ses clients professionnels.

Le détail est dans nos guides facturation électronique pour les auto-entrepreneurs et auto-entrepreneur sans TVA.

Santé, enseignement, immobilier : les activités exonérées sont-elles concernées ?

Elles n'émettent pas de factures électroniques pour leurs opérations exonérées, mais elles doivent pouvoir recevoir les factures électroniques de leurs fournisseurs depuis le 1er septembre 2026.

Les opérations exonérées de TVA et dispensées de facture (articles 261 à 261 E du CGI) sont hors du champ de l'émission et du e-reporting. La DGFiP cite notamment :

  • les soins (261-4-1°) ;
  • l'enseignement et la formation (261-4-4°), sous conditions ;
  • les opérations immobilières (261-5) ;
  • les associations à but non lucratif (261-7) ;
  • la banque, la finance et l'assurance (261 C).

Attention aux activités mixtes : un médecin qui réalise une étude pour un laboratoire doit émettre une facture électronique pour cette partie taxable. Toutes les formations ne sont pas non plus exonérées : l'exonération dépend de conditions à vérifier.

Pour les cas des avocats, consultants et professionnels de santé, voir notre guide professions libérales et facturation électronique.

Associations, holdings et SCI : quelles obligations ?

Tout dépend de l'assujettissement à la TVA.

Associations. Une association à but non lucratif non assujettie (gestion désintéressée, activités non lucratives prépondérantes, recettes lucratives inférieures à 81 051 € en 2026) n'a aucune obligation : ni émettre, ni recevoir, ni e-reporting. Les ventes que lui font ses fournisseurs entrent dans leur propre e-reporting. Une association assujettie est traitée comme une entreprise. Voir les associations et la facturation électronique.

Holdings. Une holding passive, non assujettie, est hors réforme. Une holding animatrice, assujettie, est concernée.

SCI. La plupart des locations nues de locaux d'habitation sont exonérées et dispensées de facture : pas d'émission ni de e-reporting pour ces loyers. La situation change si la SCI est assujettie à la TVA. Voir la SCI et la facturation électronique.

Loueur en meublé (LMNP) : êtes-vous concerné ?

Pour vos loyers, en général non : la DGFiP range « la plupart des locations nues ou des locations meublées de locaux à usage d'habitation » parmi les opérations exonérées et dispensées de facture. Il n'y a donc pas d'émission électronique ni de e-reporting pour ces loyers.

La question de la réception est moins claire. La règle générale de la DGFiP veut qu'un assujetti qui ne réalise que des opérations exonérées puisse quand même recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs. Mais aucune page officielle consultée ne dit noir sur blanc si un loueur en meublé non professionnel doit choisir une plateforme de réception. Les locations meublées soumises à la TVA ne sont pas détaillées non plus.

Pour le cas des loueurs, consultez le guide détaillé de notre site frère : facturation électronique et LMNP.

Ventes aux particuliers et à l'étranger : facture électronique ou pas ?

Pas de facture électronique dans ces deux cas, mais une transmission de données à l'administration, le e-reporting.

  • Ventes aux particuliers (B2C) : pas de facture électronique ; les données de transaction sont transmises en montants cumulés par jour, sans donnée personnelle sur le client.
  • Clients professionnels établis hors de France : pas de facture électronique obligatoire ; les données sont transmises facture par facture.
  • Importations de biens : exclues du e-reporting, car les douanes connaissent déjà ces données.

Un commerce ou un restaurant qui vend surtout à des particuliers est donc concerné par la réception et le e-reporting, peu par l'émission. Voir le guide du e-reporting et notre page restaurants et commerces.

Qui n'est pas concerné par la facturation électronique ?

Sont hors réforme les structures non assujetties à la TVA :

  • les associations à but non lucratif non assujetties ;
  • les holdings passives.

Sont partiellement concernées :

  • les entreprises établies en Guyane, à Mayotte et dans les collectivités d'outre-mer : pas de facture électronique, mais un e-reporting possible pour certaines opérations ;
  • les activités exonérées : pas d'émission pour les opérations exonérées, mais réception obligatoire.

Un particulier qui achète pour lui-même n'a rien à faire : c'est le vendeur qui transmet les données.

Un logiciel de facturation est-il obligatoire ?

Non, mais une plateforme agréée l'est. C'est elle qui émet, reçoit et transmet les factures et les données.

Sans logiciel de facturation, la DGFiP indique que vous pouvez saisir vos factures et vos données directement sur la plateforme agréée choisie. Si vous utilisez déjà un logiciel, il doit être lui-même plateforme agréée, ou solution compatible raccordée à au moins une plateforme agréée.

Pour choisir : qu'est-ce qu'une plateforme agréée et notre comparatif des logiciels de facturation électronique.

Questions fréquentes

Facture électronique obligatoire : pour qui exactement ?

Pour toutes les entreprises assujetties à la TVA en France, quelle que soit leur taille. La réception est obligatoire pour toutes depuis le 1er septembre 2026. L'émission concerne les opérations entre entreprises établies en France, au plus tard le 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises.

Un auto-entrepreneur sans TVA doit-il émettre des factures électroniques ?

Oui, au plus tard le 1er septembre 2027, pour ses clients professionnels en France. Il reste assujetti à la TVA même en franchise en base. Sa facture garde la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Un médecin ou un ostéopathe est-il concerné ?

Pour les soins exonérés, il n'émet pas de facture électronique. Il doit en revanche pouvoir recevoir les factures électroniques de ses fournisseurs depuis le 1er septembre 2026. S'il a une activité taxable, comme une étude pour un laboratoire, il émet en électronique pour cette partie.

Une association doit-elle passer à la facture électronique ?

Seulement si elle est assujettie à la TVA. Une association non assujettie, dont les recettes lucratives restent sous 81 051 € en 2026, n'a ni à émettre, ni à recevoir, ni à faire de e-reporting.

Faut-il une facture électronique pour un client particulier ?

Non. Les ventes aux particuliers ne donnent pas lieu à une facture électronique. L'entreprise transmet en revanche des données de transaction, cumulées par jour, via le e-reporting.

Sources officielles et références

I
Ilias, FactureCompas

Chaque règle est vérifiée sur les sites officiels (impots.gouv.fr, economie.gouv.fr, service-public.fr) et datée. Les offres des logiciels sont relevées sur leurs pages tarifs ; aucun essai n'est inventé. Notre méthode.

Pages détaillées

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