Mentions obligatoires sur une facture : la liste complète et ce qui change avec la facture électronique
IPar Ilias, éditeur du site · Mis à jour le
Une facture doit indiquer sa date, un numéro unique, l'identité et le SIREN du vendeur, le client, le détail et les prix HT, le taux de TVA, la date de paiement, le taux des pénalités et l'indemnité de 40 € pour frais de recouvrement. La réforme ajoute 4 mentions : SIREN du client, catégorie d'opération, option débits, adresse de livraison.
Pour aller plus loin : le guide de la facturation électronique · comment faire une facture d'auto-entrepreneur
Quelles sont les nouvelles mentions obligatoires sur une facture ?
La réforme de la facturation électronique ajoute 4 nouvelles mentions aux factures. Elles s'ajoutent aux mentions déjà exigées par le Code de commerce et le Code général des impôts, qui, elles, ne changent pas.
Ces mentions viennent du décret n° 2022-1299, qui modifie l'article 242 nonies A de l'annexe II au CGI. Les voici, avec un exemple pour chacune :
| Nouvelle mention | Ce qu'il faut indiquer | Exemple | Quand l'indiquer |
|---|---|---|---|
| SIREN du client | Le numéro SIREN de l'entreprise cliente | « SIREN du client : » suivi du numéro de votre client | Sur les factures électroniques à vos clients professionnels |
| Catégorie de l'opération | Livraison de biens, prestation de services, ou les deux | « Catégorie : prestation de services » | Sur chaque facture électronique |
| Option pour la TVA d'après les débits | Le fait que vous avez opté pour le paiement de la TVA d'après les débits | Mention de l'option sur la facture | Seulement si vous avez exercé cette option |
| Adresse de livraison des biens | L'adresse où les biens sont livrés | « Adresse de livraison : » suivie de l'adresse du chantier ou du dépôt | Seulement si elle diffère de l'adresse de facturation |
La catégorie de l'opération et l'option pour les débits font aussi partie des données transmises dans le e-reporting des ventes aux particuliers. Les renseigner correctement dès le départ évite des corrections plus tard.
Depuis quand ces mentions sont-elles obligatoires ?
Elles sont obligatoires sur les factures électroniques, donc dès que votre entreprise émet en électronique. Les deux sources officielles ne formulent pas la date de la même façon :
- la DGFiP indique qu'elles sont obligatoires « à compter du 1er septembre 2026 » ;
- Service Public indique qu'elles s'appliquent d'abord aux grandes entreprises et aux ETI au 1er septembre 2026, puis aux PME et micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.
En pratique, voici comment lire ces dates selon la taille de votre entreprise :
| Entreprise | Émission électronique obligatoire | Nouvelles mentions |
|---|---|---|
| Grande entreprise, ETI | Depuis le 1er septembre 2026 | Dès le 1er septembre 2026 |
| PME, micro-entreprise, micro-entrepreneur | Au plus tard le 1er septembre 2027 | Au plus tard le 1er septembre 2027 selon Service Public ; la DGFiP mentionne le 1er septembre 2026 |
Le plus prudent est de les ajouter dès maintenant à vos factures. Votre logiciel devra de toute façon les gérer, et une PME ou une micro-entreprise peut émettre des factures électroniques avant 2027, de façon volontaire. Les dates de chaque obligation sont détaillées dans le calendrier de la réforme.
Quelle est la liste complète des mentions obligatoires sur une facture ?
Les autres mentions ne changent pas avec la réforme. Elles viennent de l'article L441-9 du Code de commerce et de l'article 242 nonies A de l'annexe II au CGI. Service Public en tient la liste sur sa fiche « Mentions obligatoires sur une facture », que le client soit un particulier, un professionnel ou une entité publique :
| Mention | Ce qu'il faut indiquer |
|---|---|
| Date d'émission | La date à laquelle la facture est émise |
| Numéro de facture | Un numéro unique, dans une séquence chronologique et continue |
| Date de la vente ou de la prestation | Le jour de la livraison ou de la fin de la prestation (ou du versement de l'acompte) |
| Vendeur entrepreneur individuel | Nom et prénom précédés ou suivis de « Entrepreneur individuel » ou « EI », adresse, numéro SIREN |
| Vendeur société | Dénomination sociale, numéro SIREN, adresse du siège, forme juridique et montant du capital social |
| Client | Nom ou dénomination, adresse, et adresse de facturation si elle est différente |
| Numéro du bon de commande | S'il a été établi au préalable par l'acheteur |
| Numéro de TVA intracommunautaire | Celui du vendeur (et du client professionnel redevable de la TVA), sauf pour une facture dont le total HT est de 150 € ou moins |
| Désignation et décompte | Nature et référence des produits ou des prestations, quantité, prix unitaire HT |
| TVA | Le taux de TVA applicable, ou la mention de l'exonération |
| Totaux | La somme totale HT et TTC à payer, avec les éventuels frais de transport ou d'emballage |
| Réductions | Rabais, remises ou ristournes acquis à la date de la vente ou de la prestation |
| Date de paiement | La date à laquelle le règlement doit intervenir |
| Escompte | Les conditions d'escompte en cas de paiement anticipé, ou « Escompte pour paiement anticipé : néant » |
| Pénalités de retard | Le taux des pénalités, exigibles sans rappel |
| Frais de recouvrement | L'indemnité forfaitaire de 40 €, due par un client professionnel qui paie en retard |
| Garantie légale (client particulier) | Pour certains biens (électroménager, informatique, téléphonie, meubles…) : la garantie légale de conformité d'au moins 2 ans |
Des mentions s'ajoutent dans certains cas : « Auto-liquidation » quand le client professionnel est redevable de la TVA, « Auto-facturation » quand le client établit la facture à votre place, ou les références de l'assurance professionnelle pour une activité artisanale. Une entreprise en cours d'immatriculation indique « Siret en cours d'attribution ».
Ce qui change avec la réforme, c'est la forme. Ces mentions deviennent des données structurées que les logiciels lisent automatiquement : 26 données obligatoires en 2026, puis 34 dès 2027. Le rythme ne change pas : la facture s'émet dès la livraison ou la prestation, « au fil de l'eau ».
Quels délais de paiement et quelles pénalités indiquer sur la facture ?
La facture doit afficher la date de paiement, le taux des pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 €. Ces mentions renvoient aux règles de l'article L441-10 du Code de commerce, résumées par Service Public sur sa fiche « Délais de paiement entre professionnels ».
| Situation entre professionnels | Délai de paiement maximal |
|---|---|
| Aucun délai prévu au contrat ni dans les conditions de vente | 30 jours après la réception des marchandises ou la fin de la prestation |
| Délai convenu entre les parties | 60 jours après la date d'émission de la facture |
| Délai « fin de mois » prévu au contrat | 45 jours fin de mois après la date d'émission |
| Facture périodique | 45 jours après la date d'émission |
Certains secteurs ont leurs propres délais, par exemple 30 jours après l'émission de la facture dans le transport routier de marchandises.
- Pénalités de retard : le taux ne peut pas être inférieur à 3 fois le taux d'intérêt légal. Sans clause, c'est le taux de la Banque centrale européenne majoré de 10 points, soit 12,40 % pour le second semestre 2026 selon Service Public. Elles sont dues sans rappel.
- Indemnité forfaitaire : 40 € par facture payée en retard, une seule fois, même en cas de paiement partiel. Elle ne vaut qu'entre professionnels.
Quelles mentions sur une facture d'auto-entrepreneur ?
Un auto-entrepreneur suit les mêmes règles, avec deux particularités. Son nom et son prénom sont précédés ou suivis de la mention « Entrepreneur individuel » ou « EI », avec son adresse et son SIREN. Et s'il est en franchise en base de TVA, sa facture porte la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI », que la DGFiP conserve pour les factures électroniques.
Avec la recodification de la TVA dans le code des impositions sur les biens et services (CIBS) au 1er septembre 2026, impots.gouv.fr admet aussi « TVA non applicable, article L. 223-3 du CIBS ». Service Public tolère l'ancienne référence jusqu'au 31 décembre 2027.
Les nouvelles mentions le concernent aussi. Le micro-entrepreneur reste assujetti à la TVA, même s'il n'en est pas redevable : il devra émettre ses factures en électronique au plus tard le 1er septembre 2027 pour ses clients professionnels en France, avec les données obligatoires.
Pour un exemple ligne par ligne, voyez comment faire une facture d'auto-entrepreneur. Les règles propres à la franchise sont détaillées dans la facture électronique de l'auto-entrepreneur sans TVA.
Les nouvelles mentions concernent-elles les clients particuliers ou étrangers ?
Pas de la même façon, car ces ventes ne passent pas par une facture électronique. Elles relèvent du e-reporting.
- Client particulier : pas de facture électronique. Vous transmettez des montants cumulés par jour, sans donnée personnelle sur le client.
- Client professionnel établi hors de France : pas de facture électronique obligatoire, mais un e-reporting facture par facture. Les données sont les mêmes que pour une facture électronique, sauf le SIREN du client étranger, remplacé par son numéro de TVA intracommunautaire ou un identifiant étranger.
Pour un client professionnel établi en France, en revanche, le SIREN du client devient une donnée indispensable de la facture électronique.
Que risque-t-on si la facture n'est pas conforme ?
Deux séries d'amendes existent : celles qui visent le contenu de la facture et celles qui visent son format.
Contenu de la facture :
- chaque mention oubliée ou inexacte coûte 15 € d'amende, sans dépasser le quart du montant de la facture (article 1737 du CGI) ;
- un manquement aux règles de facturation du Code de commerce peut coûter jusqu'à 75 000 € pour un entrepreneur individuel et 375 000 € pour une société, montants doublés en cas de nouveau manquement dans les 2 ans ;
- le non-respect des délais de paiement peut coûter jusqu'à 75 000 € pour une entreprise individuelle et 2 millions d'euros pour une société.
Format : une facture qui devait être émise en électronique et ne l'a pas été coûte 50 € par facture, dans la limite de 15 000 € par année civile. Une première infraction réparée spontanément, ou dans les 30 jours suivant une première demande de l'administration, n'est pas sanctionnée.
Ajouter les mentions suffit-il à faire une facture électronique ?
Non. Une facture qui porte toutes les bonnes mentions mais part en PDF simple par e-mail n'est pas une facture électronique. Il faut aussi un format accepté (Factur-X, UBL ou CII) et le passage par une plateforme agréée.
Un logiciel conforme doit vous permettre de renseigner les nouveaux champs : SIREN du client dans la fiche client, catégorie de l'opération, adresse de livraison. Vérifiez-le avant de choisir, en vous aidant du comparatif des logiciels de facturation électronique.
Questions fréquentes
Quelles sont les 4 nouvelles mentions obligatoires sur une facture ?
Le SIREN du client, la catégorie de l'opération (livraison de biens, prestation de services ou les deux), l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits si vous l'avez prise, et l'adresse de livraison si elle diffère de l'adresse de facturation.
Dois-je ajouter les nouvelles mentions dès 2026 ?
La DGFiP les présente comme obligatoires « à compter du 1er septembre 2026 », Service Public à partir du 1er septembre 2027 pour les PME et micro-entreprises. Elles s'imposent en tout cas sur vos factures électroniques ; les ajouter dès maintenant est la solution la plus sûre.
Un auto-entrepreneur doit-il garder la mention « TVA non applicable » ?
Oui, en franchise en base, une mention « TVA non applicable » reste obligatoire. La formule « article 293 B du CGI » reste acceptée ; impots.gouv.fr admet aussi « article L. 223-3 du CIBS », la nouvelle référence depuis la recodification de la TVA au 1er septembre 2026.
Les mentions obligatoires classiques changent-elles ?
Non. Les mentions prévues par le Code de commerce et le Code général des impôts ne changent pas. La réforme ajoute 4 mentions et transforme l'ensemble en données structurées.
Que risque-t-on si une mention manque sur une facture ?
Une amende de 15 € par mention oubliée ou inexacte, dans la limite du quart du montant de la facture. Un manquement plus large aux règles de facturation peut coûter jusqu'à 75 000 € pour un entrepreneur individuel et 375 000 € pour une société.
Quel est le montant de l'indemnité forfaitaire pour frais de recouvrement ?
40 €, pour chaque facture payée en retard par un client professionnel. Elle doit figurer sur la facture et dans vos conditions générales de vente. Si vos frais réels de recouvrement sont plus élevés, vous pouvez demander une indemnisation complémentaire sur justificatifs.
Sources officielles et références
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Mentions obligatoires sur une facture
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Tout savoir sur la facturation (mentions et sanctions)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Délais de paiement entre professionnels et pénalités de retard
- DGFiP — FAQ « Je découvre la facturation électronique » (PDF)
- entreprendre.service-public.gouv.fr — Sanctions (loi de finances 2026)
- impots.gouv.fr — Les régimes d'imposition à la TVA (mention CIBS)
Chaque règle est vérifiée sur les sites officiels (impots.gouv.fr, economie.gouv.fr, service-public.fr) et datée. Les offres des logiciels sont relevées sur leurs pages tarifs ; aucun essai n'est inventé. Notre méthode.